La pédagogie active, ça change tout !

La pédagogie active, ça change tout !

Sensibilisée dès l’enfance, Aurélia Boisante est une adepte de la pédagogie active. Grâce à son accompagnement, nous avons donné un nouveau souffle à nos formations, pour notre plus grand bonheur et celui de nos apprenants. Elle partage avec nous sa passion et son parcours.

En quoi consiste la pédagogie active ?

On retient 90% de ce que l’on fait, 10% de ce que l’on écoute. Partant de ce constat, la pédagogie active consiste à multiplier les situations d’apprentissage. Elle implique de diversifier les méthodes et les supports pédagogiques. Ces supports doivent être authentiques : il doit s’agir de véritables documents de travail, dans lesquels les apprenants retrouvent leurs problématiques quotidiennes. On utilise beaucoup les jeux de rôles et les simulations de manière à individualiser la formation. Cela exige, au préalable, d’effectuer un diagnostic précis des besoins des participants afin d’adapter le contenu du cours. Il faut savoir lâcher prise par rapport à ce que l’on a préparé en amont. Cette pédagogie prend aussi en compte l’importance du relationnel. Lorsque l’on sait créer une dynamique de groupe positive et réguler les conflits, on permet à chaque apprenant d’être l’aise pour progresser.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans cette pédagogie ?

En fait, je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite ! En primaire, j’ai fréquenté une école innovante, appelée « école d’application ». Sa philosophie était que, pour apprendre, un enfant doit participer à un projet concret, sur le long terme. J’ai élevé des animaux, jardiné, chanté une heure par jour, dansé… J’avais une excellente relation avec l’enseignante, ce qui est très bénéfique en termes d’apprentissage. Mais à partir du collège, je suis revenue à un modèle classique d’enseignement, ce qui a été catastrophique pour moi. Je me suis trainée péniblement jusqu’à l’université et, au bout d’une première année inadaptée, je me suis lancée dans le monde du travail.

Tu n’as pas quitté l’éducation pour autant…

En effet, j’ai travaillé pendant deux ans comme éducatrice dans une école élémentaire, au sein d’une classe destinée à des enfants de migrants. Je me suis alors découvert une passion pour l’enseignement du Français langue étrangère (FLE). J’ai ensuite intégré un gros organisme de formation, la Ligue de l’enseignement, où je suis restée quinze ans. J’ai d’abord enseigné le FLE, à un public d’adultes cette fois. Tout en travaillant, j’ai obtenu un diplôme universitaire de formation de formateurs, centré sur la pédagogie active et l’individualisation des contenus de formation. Au sein de la ligue, j’ai formé des publics variés : salariés de collectivités territoriales, jeunes de 16 à 25 ans en décrochage scolaire, milieu carcéral… Je suis intervenue sur diverses thématiques comme la gestion des conflits, les techniques d’entretien et de recrutement… J’ai également animé des formations de formateurs. Je me suis formée au management et aux ressources humaines et j’ai pu évoluer au sein de la ligue, passant de formatrice à coordinatrice pédagogique puis responsable pédagogique. Dans ces fonctions, j’ai été amenée à concevoir des dispositifs de formation de A à Z.

En 2015, changement de vie !

Oui, à l’issue de ces quinze années intenses, j’ai décidé de quitter la région parisienne et de m’installer à la Ciotat. Mon goût pour la formation toujours chevillé au corps, j’ai suivi un master 2 consacré à la transition numérique dans le champ de la formation professionnelle. L’objectif de ce programme est de pouvoir accompagner les formateurs dans la numérisation de leurs supports. Désormais, j’interviens en freelance, sur différents volets : je m’adresse notamment aux salariés qui souhaitent se reconvertir et transmettre leur expertise. En une journée, à distance, je leur apprends à devenir formateur occasionnel, à structurer et à mettre en forme le contenu de leur formation. J’anime par ailleurs des formations de formateurs en présentiel, notamment pour l’Afpa. J’interviens aussi auprès des managers : je les forme sur des thématiques comme l’accompagnement à la transition numérique, les changements professionnels, l’intelligence collective, la gestion des conflits ou encore les techniques de recrutement. Enfin, je forme les formateurs à la pédagogie active : je les aide à transformer leurs cours pour les rendre plus concrets et plus ludiques, à animer de manière plus interactive et à répondre aux besoins spécifiques des apprenants.

Qu’est-ce qui change lorsque l’on se met à la pédagogie active ?

Mes clients me disent qu’ils ne s’ennuient plus ! Ils parviennent à créer une dynamique de groupe. Leurs stagiaires, même timides, osent prendre la parole. Les cours sont plus interactifs. La pédagogie active ne s’invente pas, elle s’apprend. Il faut une véritable prise de conscience. Je rencontre parfois des résistances. Mais j’insiste sur le fait que cette pédagogie peut s’appliquer à tous les domaines, même la finance. J’ajouterais un conseil pour tous les formateurs : il ne faut jamais cesser de se former soi-même. C’est indispensable pour continuer de progresser, mais aussi pour ne jamais oublier combien il est difficile d’apprendre.

Tu développes une nouvelle prestation…

Oui, j’organise des hackathons pour des fondations, des chambres de commerce ou des grandes écoles. J’adore ce concept car lorsque plusieurs cerveaux travaillent ensemble, un projet prend une tout autre dimension ! J’ai par exemple animé un hackathon lors d’un salon à Lyon sur le thème de l’entreprenariat féminin. Le défi consistait à développer un projet de formation. Ce type d’évènement peut durer de trois heures à deux jours, et rassembler d’une trentaine à deux-cents participants. Et pour conclure sur mes projets en cours, je vais prochainement éditer des e-books pédagogiques dans mes domaines d’expertise. Ce seront de véritables formations clé en main. Le premier portera… sur la formation de formateurs, bien sûr !

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